French fan-translation of “Drømmer om storhet”
by Pål H. Christiansen
translation: Valérie Siondecine
Devant la maison de Madame Høilund je restai assis un moment sur le vélo pour rassembler mes forces. Certes sur le chemin du retour il y avait pas mal de descentes mais je n’avais pas l’habitude de faire du vélo et en plus la visite chez Madame Høilund m’avait usé tant sur le plan physique que moral.
Je démarrai. Une côte menait aux environs de la colline d’Holmenkollen. Des feuilles humides recouvraient la chaussée et de chaque côté se trouvaient de grandes et onéreuses villas avec des jardins spacieux et des allées, qui devaient représenter pour les services municipaux une énorme charge de travail concernant le déblaiement de la neige en hiver. Dieu merci j’habitais en appartement.
Pouvais-je assumer d’avoir laisser Madame Høilund seule sans m’assurer que tout allait bien? Elle n’avait pas l’air bien du tout. Mais Hermann avait dit qu’elle allait atteindre cent ans. C’était un expert, je pouvais compter sur lui.
Comment la vieille dame pouvait réussir à boire toute l’eau gazeuse en une semaine? Cela me paraissait complètement incompréhensible. Et ne parlons pas du chou-fleur!Mais je comprenais mon devoir de réserve. C’est le genre de questions que je ne devais pas me poser.
Tout en haut de la côte apparut un couple avec un landau. Ils riaient et trainassaient. En voilà des parents heureux avec leur premier enfant en promenade automnale! Une belle petite famille en vadrouille. Papa a pensé aux biberons et aux couches. Maman a emmitouflé le petit contre les rigueurs du froid.
Les rires se rapprochèrent. Le père était penché sur le bébé et le chatouillait en riant encore plus. Comme si les enfants étaient des jouets. Il fallait prendre sacrément les enfants au sérieux, selon moi. Pouvait-on dire du bien sur les enfants? Non, pas moi en tout cas.
Je ne voulais pas aller trop vite en besogne et être juste. Je refusais de tirer des conclusions trop hâtives. Je voulais tout bonnement laisser leur chance aux enfants.
Je me penchai en avant et me mis à réfléchir quelques instants tandis que le couple se rapprochait. La femme avait des cheveux bruns, la trentaine et à ses côtés une espèce de grand type qui flânait de façon nonchalante. Ils paraissaient faire une promenade dominicale en pleine semaine.
Il me vînt une idée positive à l’égard des enfants: c’étaient de loin les meilleurs adversaires au Scrabble. Ils étaient faciles à battre. Je me rappelais comment j’avais joué au Scrabble avec le neveu d’Helle il y a quelques années. Cela avait été un moment sympa. C’était quoi son nom déjà? Håkon? Harald? Un prénom royal en tout cas.
Le couple arrivait au coin de la rue où j’étais posté sur mon vélo à philosopher. La femme ne paraissait pas norvégienne et faisait tout petite à côté de l’homme. Quelque chose me faisait dire que ces deux-là étaient juste de passage. C’est pour cela qu’ils sont joyeux, pensai-je; et je les comprenais très bien. Une famille, qui se trouvait volontairement pour quelques jours en Norvège devait être joyeuse rien qu’à l’idée de quitter bientôt le pays. Ils avaient l’air d’assumer complètement et librement cette invention nommée Norvège, flânant comme des touristes dans cet endroit tranquille et paradisiaque.
Au moment où ils passèrent devant moi, l’homme se redressa et nos regards se croisèrent.



December 15, 2009 at 7:04 pm
It’s a pitty Hobbo doesn’t speak French, well, I assume it… There’s a very famous sketch of a French humorist, Pierre Palmade, calls: The scrabble game, where the father is playing with his children but he is a bad loser. Hobo remembers me this sketch…